La timide émergence du « cloud computing » dans les entreprises

23/04/2015 à 00h13, Auteur : rédac-rss // internet-high tech-informatique

En 2014, parmi les sociétés d’au moins 10 personnes implantées en France, 12 % ont acheté des services de « cloud computing » contre 19 % au niveau européen. Les plus grandes sociétés, celles d’au moins 250 personnes, sont les plus consommatrices : 36 % d’entre elles l’ont adopté en France, soit autant qu’au niveau européen. La messagerie et le stockage de fichiers sont les services de cloud les plus fréquemment utilisés.

 

7,5 % des sociétés d’au moins 10 personnes utilisent le cloud via des serveurs partagés entre plusieurs clients (cloud public), presqu’autant (6,5 %) via des serveurs dédiés à leur entreprise (cloud privé), et certaines ont recours aux deux types de cloud.

 

Les sociétés qui achètent des services de cloud déclarent en limiter l’utilisation principalement en raison des coûts élevés (37 %), des incertitudes liées à la sécurité (31 %) ou à la localisation des données (31 %).

 

Par ailleurs, 7 % des sociétés d’au moins 10 personnes implantées en France, contre 10 % en moyenne dans l’Union européenne, utilisent la radio-identification (RFID). La RFID sert à mémoriser ou récupérer des données à distance, que ce soit pour identifier des personnes ou suivre les produits dans la chaîne de production-commercialisation. Depuis 2011, la RFID s’est nettement répandue dans les grandes sociétés : en 2014, une société d’au moins 250 personnes sur trois l’utilise.

Les achats de services de cloud moins développés en France qu’en Union européenne

 

En 2014, 12 % des sociétés françaises d’au moins 10 personnes ont acheté des services de cloud computing, soit un niveau comparable à celui des sociétés allemandes (11 %) mais inférieur à celui des sociétés du Royaume-Uni (24 %), d’Italie (40 %) et surtout de Finlande (51 %) qui détient le niveau le plus élevé de l’Union européenne (UE à 28) pour l’usage du cloud computing (figure 1). Quel que soit le secteur d’activité, la part des sociétés implantées en France utilisant le cloud se situe en dessous de la moyenne européenne (19 % dans l’UE à 28).

Le cloud permet d’accéder à des ressources informatiques à distance via Internet depuis tout appareil connecté, qu’il soit fixe ou mobile (tablette, téléphone, etc.). Ainsi, en France, neuf sociétés utilisatrices du cloud sur dix disposent d’une connexion mobile à Internet (via le réseau des téléphones mobiles), contre sept sur dix pour l’ensemble des sociétés.

 

Le cloud plus répandu dans les grandes sociétés

 

Comme pour la plupart des technologies de l’information et de la communication (TIC), l’usage du cloud est plus répandu parmi les plus grandes sociétés, dont le taux d’utilisation en France est identique à la moyenne européenne : 36 % des sociétés de 250 personnes ou plus implantées en France achètent ce type de services (35 % dans l’UE à 28) contre 14 % des sociétés de 20 à 249 personnes et 9 % de celles de 10 à 19 personnes (figure 2).

Le cloud computing est surtout adopté par les sociétés de services et plus particulièrement par celles de l’information et de la communication : 39 % en achètent contre 5 % parmi les sociétés de l’hébergement et de la restauration, secteur où il est le moins répandu.

 

Les différences entre secteurs d’activité s’estompent nettement pour les plus grandes sociétés. Ainsi, à partir de 500 personnes, plus de 40 % des sociétés utilisent le cloud quel que soit le secteur d’activité, à l’exception des activités administratives et immobilières (36 %).

 

Principalement des services de messagerie et de stockage

 

Parmi les sociétés consommatrices de cloud, 62 % achètent des services de courriel (messagerie) et 61 % des services de stockage de fichiers, services de cloud les plus utilisés (figure 3). Ces services, ainsi que l’hébergement de base de données ou l’utilisation de logiciels de bureautique, impliquent a priori une dépendance moyenne de l’entreprise vis-à-vis du cloud (services de niveau moyen).

Les autres services plus avancés sont moins fréquemment utilisés : c’est le cas des logiciels de comptabilité ou de gestion de la relation client (GRC ou CRM en anglais), achetés par un quart des entreprises consommatrices de cloud, ainsi que du recours à une puissance de calcul destinée aux logiciels de l’entreprise (14 %).

 

Parmi les sociétés consommatrices de cloud, 55 % n’utilisent que des services impliquant une dépendance moyenne de l’entreprise vis-à-vis du cloud (services de niveau moyen tels que courriel, stockage, bureautique), 42 % utilisent au moins un des services de niveau avancé (comptabilité, GRC, puissance de calcul), 3 % ayant recours à d’autres services non mentionnés dans le questionnement. Seules les sociétés du secteur des activités spécialisées, scientifiques et techniques se distinguent : 42 % ont uniquement choisi des services moyens, 55 % au moins un des services avancés et 3 % d’autres services également non mentionnés.

Figure 3 - Sociétés utilisatrices de cloud et services utilisés

en %

 

Secteur Sociétés utilisatrices de cloud Parmi les sociétés qui achètent des services de cloud :

 

Services de niveau moyen Services de niveau avancé

Courriel Stockage de fichiers Hébergement de bases de données Logiciels de bureautique Logiciels de comptabilité Logiciels relation client (GRC/CRM)

 

Puissance de calcul

 

Lecture : 10 % des sociétés du secteur de l’industrie achètent des services de cloud ; parmi elles, 58 % achètent des services de courriel.

Champ : sociétés d’au moins 10 personnes des secteurs principalement marchands hors secteurs agricole, financier et d’assurance, implantées en France et dans l’UE à 28.

Sources : Insee, Eurostat, enquêtes TIC 2014.

Industrie 10 58 52 40 24 24 16 10

Construction 7 65 63 39 30 32 13 8

Commerce 12 65 66 51 33 24 25 15

Transport 12 73 64 51 51 28 20 10

 

Hébergement et restauration 5 50 53 49 33 25 22 13

 

Information et communication ; réparation d’ordinateurs 39 61 71 61 30 16 29 22

 

Activités spécialisées, scientifiques et techniques 19 63 58 51 40 35 29 18

 

Services administratifs et de soutien ; activités immobilières 14 54 60 50 24 27 23 12

 

Ensemble (France) 12 62 61 49 32 26 23 14

Union européenne à 28 19 66 53 39 34 31 21 17

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Cloud privé et cloud public : adoptés à parts presque égales

 

Les prestataires peuvent fournir leurs services de cloud computing de deux manières : via des serveurs informatiques partagés (cloud public) ou via des serveurs exclusivement dédiés à un client (cloud privé), certains prestataires combinant les deux types de cloud. L’utilisation d’un serveur dédié peut garantir un plus haut niveau de sécurité : les autres clients du prestataire ne peuvent pas accéder au même serveur et le niveau de sécurité peut être personnalisé.

 

En 2014, parmi les sociétés d’au moins 10 personnes qui utilisent le cloud, 63 % le font via des serveurs partagés (soit 7,5 % de l’ensemble des sociétés d’au moins 10 personnes), 55 % via des serveurs dédiés (soit 6,5 % de l’ensemble), et 18 % ont recours aux deux types de cloud. Ces proportions varient peu selon la taille de l’entreprise. En revanche, au niveau sectoriel, les activités de l’information-communication se démarquent : 71 % des sociétés du secteur qui utilisent le cloud le font par serveurs dédiés ; à l’opposé, dans les transports et dans l’hébergement-restauration seules 40 % d’entre elles sont dans ce cas (figure 4).

Figure 4 - Services de cloud : recours à des serveurs partagés ou dédiés

en %

 

Secteur Sociétés utilisatrices de cloud Parmi les sociétés utilisatrices de cloud

Serveurs dédiés (cloud privé) Serveurs partagés (cloud public)

Champ : sociétés d’au moins 10 personnes des secteurs principalement marchands hors secteurs agricole, financier et d’assurance, implantées en France et dans l’UE à 28.

 

Sources : Insee, Eurostat, enquêtes TIC 2014.

Industrie 10 48 65

Construction 7 58 55

Commerce 12 59 55

Transport 12 40 73

 

Hébergement et restauration 5 40 78

Information et communication ; réparation d’ordinateurs 39 71 61

Activités spécialisées, scientifiques et techniques 19 56 62

Services administratifs et de soutien ; activités immobilières 14 47 75

Ensemble (France) 12 55 63

Union européenne à 28 19 38 67

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Coûts élevés, sécurité et localisation incertaines limitent l’usage du cloud

 

Si le cloud semble un moyen de faire des économies pour certaines entreprises, leur évitant ainsi d’investir et de gérer d’importantes infrastructures informatiques, 37 % des sociétés clientes estiment cependant que le coût élevé des services offerts les oblige à en limiter l’usage.

 

Trois sociétés sur dix réduisent également leur utilisation compte tenu des risques liés à la sécurité, et la même proportion du fait des incertitudes sur la localisation des données ou sur la législation (lois applicables, juridiction, mécanismes de résolution des litiges). En effet, dans la plupart des cas, les clients ne disposent d’aucune information sur la localisation et le fonctionnement du cloud. Les serveurs peuvent ainsi être situés dans un pays où la législation diffère de celle du pays d’implantation de la société cliente.

 

Les autres problèmes les plus souvent évoqués (par au moins un quart des sociétés utilisatrices) sont les suivants : connaissance insuffisante du cloud, difficultés pour accéder aux données et aux logiciels, pour se désabonner ou changer de fournisseur (y compris pour des problèmes de portabilité des données).

 

Ces restrictions concernent tout autant les sociétés qui utilisent les services de cloud public et de cloud privé. En particulier, l’accès à des serveurs dédiés (cloud privé) ne diminue pas les craintes des utilisateurs sur la sécurisation des données.

 

Les sociétés de 250 personnes ou plus et clientes de prestataires de services de cloud se montrent réticentes à l’utiliser avant tout pour des raisons de sécurité (56 %), de localisation des données (46 %) et de législation (45 %). En revanche, pour les sociétés de 10 à 19 personnes, outre les coûts (34 %), le manque de connaissance (32 %) plus que les risques vis-à-vis de la sécurité (24 %) les poussent surtout à restreindre leur utilisation du cloud (figure 5). Ces différences de perception selon la taille des sociétés sont similaires au niveau européen.

L’inégale présence de spécialistes en TIC dans ces entreprises peut expliquer ces différences d’appréciation. En effet, 7 % seulement des sociétés de 10 à 19 personnes emploient des personnels spécialisés, contre 21 % des sociétés de 20 à 249 personnes et 72 % des sociétés de 250 personnes et plus.

 

 

La radio-identification s’est nettement développée dans les grandes sociétés

 

En France, en 2014, 7 % des sociétés d’au moins 10 personnes utilisent des technologies de radio-identification (RFID pour Radio Frequency Identification en anglais) contre 2 % en 2011.

 

Malgré ce développement rapide, l’usage de la RFID reste inférieur en France à la moyenne européenne (10 % - figure 6). Il est beaucoup plus répandu dans les sociétés de 250 personnes ou plus : 30 % d’entre elles l’utilisent en 2014 en France et 37 % au niveau européen.

 

La RFID est destinée à l’identification des personnes ou au contrôle des accès de l’entreprise pour 74 % des sociétés utilisatrices. Elle intervient également dans le processus de production et de livraison (32 %), ou encore pour l’identification de produits issus de la production (21 %).

 

Cette technologie est un peu plus souvent utilisée par les sociétés de l’information et de la communication (12 %) afin, presque exclusivement, d’identifier des personnes ou de contrôler les accès de l’entreprise.

En revanche, dans l’industrie, le commerce et le transport, quatre sociétés utilisatrices de la RFID sur dix s’en servent au cours du processus de production et de livraison.

 

Figure 6 - Usage de la RFID* selon l’effectif

en %

 

Taille de la société 2011 2014

* Voir définitions.

Champ : sociétés d’au moins 10 personnes des secteurs principalement marchands hors secteurs agricole, financier et d’assurance, implantées en France et dans l’UE à 28.

 

Sources : Insee, Eurostat, enquêtes TIC 2011 et 2014.

10 à 19 personnes 1 4

20 à 249 personnes 4 9

250 personnes ou plus 15 30

Ensemble (France) 2 7

Union européenne à 28 4 10

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L’usage des outils TIC de partage électronique progresse peu

 

D’autres technologies permettent aux entreprises le partage électronique de l’information en interne, comme les progiciels de gestion intégrée (PGI ou ERP en anglais) ou les applications de gestion des relations avec la clientèle (GRC ou CRM en anglais) ; elles facilitent également le partage en externe avec les clients ou fournisseurs par l’intermédiaire du SCM (Supply Chain Management en anglais).

En 2014, 35 % des sociétés d’au moins 10 personnes utilisent en France un PGI, soit un peu plus que la moyenne européenne (31 %). Le PGI est assez généralisé dans les plus grandes sociétés : 78 % de celles d’au moins 250 personnes en utilisent un (76 % au niveau européen). Un quart des sociétés d’au moins dix personnes en France se servent d’une application GRC, pour collecter, puis conserver l’information sur la clientèle et en faciliter l’accès à différents services de l’entreprise ;

 

c’est un peu moins qu’au niveau européen (28 %). Ces applications permettent aussi d’analyser l’information à des fins de marketing : c’est le cas pour 15 % des sociétés d’au moins dix personnes en France contre 20 % dans l’UE à 28. Pour l’un ou l’autre de ces usages, la moitié des sociétés des secteurs de l’information et de la communication disposent d’une application GRC, 35 % de celles du commerce et seulement 10 % dans le secteur de la construction.

 

En 2014, le partage électronique de l’information sur la chaîne logistique d’approvisionnement à l’aide du SCM équipe en France 11 % des sociétés d’au moins 10 personnes contre 17 % dans l’UE à 28. Le SCM permet l’échange avec les clients et/ou les fournisseurs de tout type d’information sur la disponibilité, la production, le développement et la distribution des biens ou services. Dans les secteurs de l’industrie, du commerce et du transport, quatre sociétés sur dix d’au moins 250 personnes ont recours au SCM.

Les fréquences de recours à ces outils ont peu évolué depuis 2012.

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