Pôle emploi, Le bilan et les changements en 2010
1er/06/2010 à 06h20, Auteur : // Emploi, formation, école
La Commission des affaires sociales à entendu M. Christian Charpy, directeur général de Pôle Emploi.Il a défendu les le bilan de 2009 en évoquant les difficultés du Pôle Emploi.
Voiçi un résumé de son bilan et évoqué la feuille de route jusqu’a 2012 :
En 2009, nous avons appliqué une partie significative de la feuille de route qui nous avait été fixée par la convention tripartite signée avec l’État et avec l’UNEDIC (Union nationale interprofessionnelle pour l’emploi dans l’industrie et le commerce). Quels sont ces acquis ?
Premièrement, l’établissement existe, avec une direction nationale, des directions régionales, des directions territoriales et des directions d’agence. À partir de deux réseaux, nous avons créé une entreprise unique, dotée d’une seule ligne managériale.
Deuxièmement, nous avons installé des sites mixtes sur tout le territoire : à partir des quelque 900 agences ANPE et 650 antennes ASSEDIC (associations pour l’emploi dans l’industrie et le commerce), l’enjeu consistait à bâtir des sites dans lesquels l’ensemble des services seraient proposés aux demandeurs d’emploi, qu’il s’agisse de l’inscription, de l’indemnisation ou de l’accompagnement vers l’emploi. Ce fut sans doute la tâche la plus ardue pour nous, mais aussi la plus nécessaire. En effet, pour les demandeurs d’emploi comme pour les entreprises, l’obligation de s’adresser à deux institutions différentes était incompréhensible. Ces sites mixtes étaient, en outre, le moyen de faire vivre ensemble des collaborateurs venant de deux structures qui se connaissaient mal et ne s’aimaient pas forcément. Mais, ce fut difficile car nous avons fusionné en un temps record – un an alors que les services des impôts et de la comptabilité publique ont, eux, disposé de quatre ou cinq ans –, en nous conformant aux dispositions du code du travail relatives à la consultation du comité central d’entreprise, des comités d’entreprise et des comités d’hygiène d’établissement. Pour des raisons immobilières, les localisations ne sont pas toutes définitives et nous avons dû parfois aménager un front office pour recevoir les demandeurs d’emploi cependant que leurs dossiers et les offres d’emploi sont traités dans un back office. Cependant, 95 % des sites mixtes étaient déjà réalisés au 1er janvier 2010.
Troisièmement, nous avons complètement unifié les dispositifs d’aide : depuis le 5 janvier 2009, tous les demandeurs d’emploi, indemnisés ou non, bénéficient des mêmes prestations, qu’il s’agisse de la formation, de la mobilité ou du développement des compétences. Un seul critère est désormais pris en compte : l’aide leur est-elle utile ?
En interne, nous avons négocié la convention collective de Pôle emploi, qui a été signée en novembre 2009, agréée et étendue. Elle s’est appliquée automatiquement aux agents de droit privé, tandis que les 25 000 agents sous statut public, relevant du décret de 2003, disposaient d’un droit d’option ; 42 % d’entre eux, soit plus de 11 000 personnes – et non 30 % comme cela a été affirmé dans la presse – ont à ce jour choisi d’être soumis à cette convention, de sorte que celle-ci couvre déjà davantage d’agents que le décret de 2003.
En revanche, nous avons rencontré de grosses difficultés en ce qui concerne l’accompagnement des demandeurs d’emploi. Nous espérions que la fusion permettrait de faire passer le taux d’accompagnement à un conseiller pour soixante demandeurs. Avec l’explosion du nombre d’inscriptions, nous n’avons pas été en mesure d’atteindre cet objectif. Nous y sommes néanmoins parvenus dans certains domaines, par exemple pour les bénéficiaires du contrat de transition professionnelle (CTP) ou de la convention de reclassement personnalisé (CRP), pour lesquels le taux d’accompagnement est, respectivement, d’un pour trente et d’un pour soixante. La densification de l’accompagnement pour les autres demandeurs d’emploi constituera donc l’une des tâches majeures que nous nous sommes assignées pour 2010.
Trois actions ont été conduites pour délester Pôle emploi : nous avons effectivement passé un contrat cadre avec les missions locales, nous avons accru le recours au réseau Cap Emploi et nous avons souscrit, pour le placement des licenciés économiques et des personnes éloignées de l’emploi, des contrats avec des opérateurs de placement privés, qui prennent ainsi en charge quelque 140 000 demandeurs.
Nous avons également rencontré des difficultés dans nos relations avec les employeurs. En effet, du fait de la crise économique, nous avons été moins présents dans les entreprises, dont le besoin de recrutement était plus faible. Nous avons toutefois collecté un peu plus de 3 millions d’offres, dont quelque 2,650 millions ont été satisfaites. C’est certes moins qu’en 2008, mais la crise est passée entre-temps.
D’autres difficultés sont survenues en matière de formation, mais elles ont été moins graves et nous avons redressé la situation au quatrième trimestre 2009. Nous avons la capacité d’envoyer environ 100 000 personnes en formation. Malgré un démarrage difficile, nous avons consommé l’intégralité des crédits votés pour 2009 ; sur les fonds de Pôle emploi, nous avons envoyé 85 000 personnes en formation, auxquelles il convient d’ajouter celles qui ont suivi des cycles financés par les régions ou les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA).
Quant aux difficultés concernant le téléphone et les retards d’indemnisation, qui ont fait l’objet de polémiques, je considère qu’elles sont réglées.
Grâce aux plateformes mises en place en septembre 2009, nous gérons 300 000 à 400 000, voire 500 000 appels par jour et, dans plus de huit cas sur dix, un conseiller décroche en moins d’une minute et apporte une réponse complète. Et, alors que les dossiers en attente de traitement avaient atteint un nombre extrêmement élevé au début de 2009, le volume de dossiers en stock représente aujourd’hui moins de 1,2 jour de traitement.
Parmi nos priorités pour 2010 figurent deux éléments complémentaires de la réforme. À partir du 1er janvier 2011, le recouvrement des cotisations d’assurance chômage sera transféré aux unions de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d’allocations familiales (URSSAF), ce qui est un sujet techniquement compliqué et qui entraîne la nécessité de reclasser 1 500 personnes. D’autre part, nous avons récupéré les compétences d’orientation de l’Association pour la formation professionnelle des adultes (AFPA) et nous devons donc insérer les 919 agents correspondants, qui contribueront à fluidifier les parcours des demandeurs d’emploi.
source sénat