Auto entrepreneur : Comment en sortir ?
11/07/2012 à 00h05, Auteur : // Droit, Finances, assurances
L’auto entrepreneur est un statut pratique pour commencer une activité, mais il vaut mieux avant de créer une activité voir les modalités de sortie, soit en cas de réussite, soit en cas de baisse et d’abandon d’activité, il vous faudra de toutes manières choisir.
Vous avez dépassé le seuil d’application du régime
1ère situation : votre chiffre d’affaires se situe entre :
- 81 500 et 89 600 euros (activités de vente de marchandises, d’objets, de denrées à emporter ou à consommer sur place, ou de fourniture de logement),
- 32 600 et 34 600 euros (autres prestations de services et professions libérales).
Vous bénéficiez d’une période de tolérance, pendant laquelle vous allez pouvoir, tout en conservant le bénéfice du régime de l’auto-entrepreneur, analyser les raisons de cette hausse d’activité.
- Cela traduit-il un développement de votre entreprise, qui devrait rapidement vous faire dépasser les seuils de 89 600 euros ou 34 600 euros ? Si c’est le cas, vous allez devoir vous préparer à sortir du régime de l’auto-entrepreneur.
- Cet essor est-il dû à un évènement exceptionnel ? Si c’est le cas, vous retomberez certainement en dessous des seuils de 81 500 ou 32 600 euros et continuerez à bénéficier du régime de l’auto-entrepreneur.
Rappel : cette période de tolérance n’est pas applicable la 1ere année de votre activité. Les années suivantes, elle démarre le jour de dépassement du seuil et se termine le 31 décembre.
2ème situation : vous avez dépassé le seuil de tolérance de 89 600 ou 34 600 euros.
Vous allez alors basculer immédiatement dans le régime fiscal de l’entreprise individuelle "classique". Vous pourrez ensuite choisir entre :
- poursuivre votre activité en entreprise individuelle,
- ou la transformer en société.
Votre activité génère trop de charges d’exploitation
Faites le calcul de ces charges : carburant, locaux, frais de publicité, assurances, documentation, frais de reproduction, dépenses courantes, etc.
Si la somme de ces charges et du prélèvement social dépasse l’abattement forfaitaire du régime fiscal de la micro-entreprise, c’est-à-dire :
- 71 % de votre CA (activités de vente de marchandises, d’objets, de denrées à emporter ou à consommer sur place, ou de fourniture de logement),
- 50 % de votre CA (autres prestations de services de nature commerciale ou artisanale),
- 34 % de votre CA (professions libérales),
vous avez effectivement intérêt à opter pour le régime réel d’imposition (ou de déclaration contrôlée si votre activité est libérale).
Cette option vous fera perdre le bénéfice du régime de l’auto-entrepreneur.
Vous souhaitez protéger votre patrimoine personnel
Le régime de l’auto-entrepreneur vous a permis de démarrer rapidement votre activité.
Vous réalisez aujourd’hui que celle-ci présente des risques, qui, pourraient, bien que certains soient couverts par une assurance, mettre en danger votre patrimoine personnel.
Plusieurs options s’offrent à vous :
- effectuer une déclaration d’insaisissabilité devant notaire,
- créer une société,
- choisir le régime de l’EIRL (Entrepreneur individuel à responsabilité limitée). Faites-vous conseiller par un spécialiste !
Votre activité se développe et vous avez envie de passer à la vitesse supérieure :
- en procédant à des investissements (matériel informatique, outillage, machines, etc.)
- en cherchant un local adapté à l’exercice de votre activité,
- en recrutant du personnel pour vous aider, etc.
Le régime fiscal de l’auto-entrepreneur risque de ne plus être intéressant pour vous. En effet, il ne vous permet pas de :
- de déduire de votre chiffre d’affaires vos frais réels (salaires, charges sociales, amortissements, etc.),
- de récupérer la TVA que vous payez sur vos achats.
Vous souhaitez vous associer
Le statut d’entrepreneur individuel n’est plus adapté à votre situation car il ne permet pas de s’associer. Vous allez devoir envisager la transformation de votre entreprise en société.
Les questions à vous poserAi-je validé économiquement le développement de mon activité ?
Ai-je bien évalué les besoins financiers qui seront nécessaires à ce développement ?
Le statut de l’entreprise individuelle est-il toujours adapté à mon projet ?
Ai-je validé économiquement le développement de mon activité ?
Votre expérience d’auto-entrepreneur vous a permis de tester votre idée et de vérifier qu’elle répond bien à une demande du marché. Pour optimiser les chances de réussite de votre projet, il est néanmoins nécessaire de :
- vérifier vos hypothèses et l’opportunité de ce projet de développement. Allez-vous proposer de nouveaux produits ou services ? Allez-vous diversifier votre clientèle ? Votre nouvelle offre a-t-elle sa place sur le marché ? Comment vous situerez-vous par rapport à la concurrence (prix, qualité, disponibilité, etc.) ?
- déterminer précisément votre politique de développement commercial (publicité, force de vente, approvisionnements, etc.) ainsi que les moyens financiers, matériels et humains à mettre en place,
- fixer des hypothèses de chiffre d’affaires pour les années à venir.
Pour vous aider à ce niveau :
- Lisez attentivement les documents et outils proposés par l’APCE dans l’espace "créateur" de son site (étape 3 : l’étude de marché),
- Rapprochez-vous d’un réseau d’accompagnement des créateurs.
Ai-je bien évalué les besoins financiers qui seront nécessaires à ce développement ?
Votre projet va entraîner :
- de nouveaux besoins de financement,
- une augmentation de votre besoin en fonds de roulement,
- et, sans doute, la nécessite de rechercher des sources de financement.
De nombreuses solutions de financement existent. Pour vous aider à ce niveau :
- Lisez attentivement les documents et outils proposés par l’APCE dans l’espace "créateur" de son site (étape 4 : les comptes prévisionnels / étape 5 : trouver des financements),
- Rapprochez-vous d’un réseau d’accompagnement des créateurs.
Le statut de l’entreprise individuelle est-il toujours adapté à mon projet ?
A ce stade, prenez le temps de réfléchir à votre statut juridique. Deux options s’offrent à vous :
- poursuivre votre activité en tant qu’entrepreneur individuel,
- créer une société, seul ou avec des associés.
Plusieurs critères vont entrer en ligne de compte :
- L’importance de votre patrimoine personnel : si vous avez un patrimoine à protéger et/ou à transmettre, le choix de la structure juridique prend toute son importance.
- Les nouveaux besoins financiers engendrés par l’accroissement de votre activité : s’ils sont conséquents, la création d’une société peut s’imposer pour pouvoir accueillir des investisseurs.
- Les obligations administratives et juridiques de l’entreprise : selon la structure que vous choisirez, les règles de fonctionnement seront plus ou moins contraignantes. Dans une société, par exemple, le dirigeant n’agit pas pour son propre compte, mais "au nom et pour le compte" de la société. Il doit donc observer un certain formalisme et obtenir l’autorisation de ses associés pour tous les actes importants qui touchent à la vie de l’entreprise.
- Le régime fiscal de l’entreprise : selon le type de structure choisi, les bénéfices de l’entreprise seront assujettis à l’impôt sur le revenu ou à l’impôt sur les sociétés. C’est un critère qui peut être important en phase de développement.
- Votre régime social : le choix de la forme juridique n’influera pas ou peu sur votre protection sociale. En revanche, le montant de vos charges pourra être plus ou moins important selon la structure retenue. Par ailleurs, dans certains cas, un changement de régime social peut avoir des incidences sur vos droits. Renseignez-vous auprès de votre caisse de retraite actuelle.
- La crédibilité vis-à-vis des partenaires (banquiers, clients, fournisseurs...) : pour approcher certains marchés, la transformation de votre entreprise individuelle en société avec un capital conséquent pourra vous être recommandée.
Pour vous aider à ce niveau :
- Lisez attentivement les documents et outils proposés par l’APCE dans l’espace "créateur" de son site (étape 7 : choisir un statut juridique),
- Rapprochez-vous d’un réseau d’accompagnement des créateurs ou d’un conseiller spécialisé (avocat, expert-comptable, notaire, ...).
Le mécanisme
Rappelons qu’un auto-entrepreneur est :
- un entrepreneur individuel déclaré en tant que tel au registre national des entreprises (RNE), tenu par l’Insee,
- soumis de plein droit au régime fiscal de la micro-entreprise (avec option possible pour le versement libératoire),
- bénéficiant d’un régime ultra simplifié de déclaration et de paiement de ses cotisations sociales,
- et, s’il est commerçant, dispensé d’inscription au registre du commerce et des sociétés.
En sortant du régime de l’auto-entrepreneur, vous ne créerez donc pas forcément une nouvelle entreprise ! Vous aurez le choix entre :
poursuivre votre activité en tant qu’entrepreneur individuel avec un régime fiscal et social différent,
changer de forme juridique en créant, seul ou avec d’autres personnes, une société.
Si vous décidez de conserver votre statut d’entrepreneur individuel
Vous garderez le numéro d’identification Siren, qui vous a été attribué par l’Insee.
Les commerçants, quant à eux, devront demander leur inscription au RCS (registre du commerce et des sociétés).
Vous changerez de régime d’imposition :
- soit automatiquement si vous avez dépassé le seuil de tolérance d’application du régime,
- soit, dans les autres cas, en optant pour le régime du bénéfice réel. (1)
En cas de basculement dans le régime réel d’imposition suite à un dépassement de seuil :
- ce changement prendra effet rétroactivement au 1er janvier de l’année de dépassement,
- mais l’entreprise ne sera redevable de la TVA qu’à compter du 1er jour du mois de dépassement.
Si vous avez déjà payé l’impôt sous forme de versement fiscal libératoire, vos versements ne vous seront pas remboursés. En revanche, ils seront déduits de votre impôt à payer l’année suivante.
Ce changement de régime fiscal entraînera votre sortie du régime micro-social simplifié à compter :
- du 1er janvier de l’année suivant le dépassement du seuil de tolérance,
- ou de l’application du nouveau régime fiscal, dans les autres cas.
(1) Cette option doit être effectuée avant le :
- 1er février de la première année au titre de laquelle vous souhaitez sortir du régime de la micro-entreprise, si votre activité est commerciale ou artisanale,
- 2ème jour ouvré suivant le 1er mai de l’année suivante si vous exercez une profession libérale.
Si vous décidez de créer une société
Vous devrez procéder à la radiation de votre entreprise individuelle et évaluer la valeur de ses actifs corporels (matériel, outillage, marchandises, etc.) et incorporels (clientèle, non commercial, droit au bail, etc.).
Vous créerez parallèlement une société et transférerez votre activité dans cette nouvelle structure, suivant l’une des modalités suivantes :
- cession d’activité,
- apport en capital.
S’agissant d’une nouvelle structure, l’Insee délivrera un nouveau numéro Siren.
Votre nouveau régime social et fiscal dépendra du type de société choisi.
Les conséquences de la sortie du régime de l’auto-entrepreneur
Sur le plan fiscal et comptable
Sur le plan social
Sur le plan fiscal et comptable
Vous serez imposé sur la base des bénéfices réellement réalisés (par opposition aux règles applicables dans le régime de la micro-entreprise) et vous devrez à cet effet respecter un certain nombre d’obligations comptables et déclaratives.
L’étendue de ces obligations dépendra de la nature de votre activité et de la structure juridique choisie.
Vous déduirez ainsi de votre chiffre d’affaires vos charges réelles, y compris l’amortissement de vos immobilisations (matériel, mobilier, véhicule utilitaire, etc.).
A noter ! Si ces immobilisations ont été achetées au début de votre activité d’auto-entrepreneur, vous les inscrirez à l’actif de votre bilan à leur valeur d’origine, diminuée des annuités d’amortissement que vous auriez déduites si vous n’aviez pas été soumis au régime fiscal de la micro-entreprise.
Vous établirez des factures comportant la TVA. En contrepartie, vous récupérerez la TVA payée sur vos achats de biens et services.
A noter ! Vous pourrez récupérer :
- la TVA payée précédemment sur vos stocks non encore écoulés à la date de changement de régime,
- la TVA que vous avez payée sur les biens achetés pour votre exploitation mais pas encore utilisés,
- une fraction de la TVA payée sur les biens en cours d’utilisation (application d’un abattement d’un cinquième par année civile écoulée depuis l’acquisition).
Rapprochez-vous du service des impôts pour plus de précisions.
Si votre entreprise est soumise à l’impôt sur le revenu, vous pourrez adhérer, selon votre activité, à un centre de gestion ou à une association agréée, ou encore recourir à un expert-comptable conventionné par l’administration fiscale pour bénéficier d’avantages fiscaux.
Pour bénéficier de ces avantages fiscaux au titre de l’année du changement de régime, et notamment de la non-majoration de 25 % de votre bénéfice, vous devrez adhérer à un CGA ou recourir à un expert-comptable conventionné
- soit dans les 5 mois suivant la date de début d’activité, si le changement de régime a lieu l’année de la création de votre entreprise,
- soit avant le 31 mai, si le changement de régime a lieu les années suivant celle de la création..
Sur le plan social
Vous resterez affilié au RSI, sauf si vous décidez de devenir gérant minoritaire de SARL ou dirigeant de SAS (société par actions simplifiée) ou de SA (société anonyme).
En cas de maintien d’affiliation au RSI, vos cotisations seront calculées et payées selon les règles classiques. Vous ne pourrez plus payer vos cotisations mensuellement ou trimestriellement sur la base du chiffre d’affaires réalisé.
Vous devrez ainsi verser des cotisations provisionnelles pour l’année en cours qui seront calculées :
- soit sur la base de vos revenus d’auto-entrepreneur de l’année N-2,
- soit, si vous avez débuté votre activité il y a moins de 2 ans, sur une base forfaitaire.
Pour vous aider dans votre décision de changer de régime, effectuez une simulation du coût social et fiscal de chaque régime
Cet outil très simple d’utilisation, développé par l’Ordre des Experts-Comptables en partenariat avec l’APCE, vous permet :
de comparer en un instant le coût social et fiscal du régime de l’auto-entrepreneur avec celui des autres régimes qui s’offrent à l’entrepreneur individuel :
- le régime fiscal de la micro-entreprise (sans option pour le régime "micro social simplifié"),
- le régime réel d’imposition (pour les commerçants et artisans) ou déclaration contrôlée (pour les professions libérales),