Cotisation foncière des entreprises, CFE : Fonctionnement

27/08/2012 à 06h18, Auteur : rédac-rss // Droit, Finances, assurances

 Cotisation foncière des entreprises (CFE)

La cotisation foncière des entreprises (CFE) est l’une des 2 composantes de la contribution économique territoriale (CET) avec la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE). Contrairement à la taxe professionnelle, dont elle reprend l’essentiel des règles, la CFE est basée uniquement sur les biens soumis à la taxe foncière. Cette taxe est due dans chaque commune où l’entreprise dispose de locaux et de terrains.

 

Entreprises concernées et exonérées

La CFE est due par les entreprises ou les personnes qui exercent de manière habituelle une activité professionnelle non salariée, quel que soit leur statut juridique, leur activité ou leur régime d’imposition.

 

Les activités de location et de sous-location d’immeubles (sauf celles concernant des immeubles nus à usage d’habitation) sont concernées par la CFE.

 

Sont exonérés automatiquement de la CFE :

 

les collectivités territoriales, les établissements publics et les organismes de l’État,

les grands ports maritimes, les ports autonomes, ainsi que les ports gérés par des collectivités territoriales, des établissements publics ou des sociétés d’économie mixte (à l’exception des ports de plaisance),

les exploitants agricoles, certains groupements d’employeurs et certains groupements d’intérêt économique (GIE),

certaines coopératives agricoles et leurs unions,

les artisans (sous conditions),

les chauffeurs de taxis ou d’ambulances,

les coopératives et unions de sociétés coopératives d’artisans, de même que les sociétés coopératives et unions de sociétés coopératives de patrons bateliers, les sociétés coopératives maritimes,

certains pêcheurs, sociétés de pêche artisanale et inscrits maritimes,

les coopératives ouvrières de production,

certains marchands ambulants ainsi que les vendeurs à domicile indépendants,

certaines activités de presse, etc.

 

Une exonération temporaire est prévue pour les auto-entrepreneurs exerçant une nouvelle activité commerciale, artisanale ou libérale en micro-entreprise et sous le régime micro-social, au titre de l’année de création et des 2 années suivantes.

 

 

Calcul et base d’imposition

Le taux de la CFE est déterminé par délibération de la commune ou de l’EPCI (établissement public de coopération intercommunale) sur le territoire duquel le redevable dispose de biens imposables.

La CFE est assise sur la valeur locative des biens immobiliers utilisés par l’entreprise pour les besoins de son activité et soumis à la taxe foncière au cours de l’année n-2 (par exemple, pour la cotisation due en 2012, sont pris en compte les biens utilisés en 2010).

Pour son calcul, les bases foncières des établissements industriels sont réduites de 30 %.

Les autres biens auparavant soumis à la taxe professionnelle ne sont pas imposables à la CFE, comme les équipements, les biens mobiliers et les recettes par exemple.

Les biens destinés à la fourniture et à la distribution d’eau sont également exclus de la base d’imposition à la CFE.

 

La base d’imposition est réduite dans certains cas, et notamment :

de moitié, pour les nouvelles entreprises, la 2e année,

pour certaines activités saisonnières (restaurants, cafés, par exemple),

pour les artisans de 3 salariés maximum,

pour les diffuseurs de presse,

en cas d’implantation en Corse.

 

Les entreprises doivent payer une cotisation minimale dont le montant est décidé par délibération de la commune ou de l’EPCI concerné et doit être compris dans une fourchette qui varie en fonction du chiffre d’affaires de l’entreprise :

entre 203 € et 2.030 € pour un CA inférieur à 100.000 €,

entre 203 € et 6.000 € pour un CA supérieur à 100.000 €.

 

Paiement

Il n’y a pas de déclaration annuelle à effectuer.

Les établissements concernés reçoivent directement un avis d’imposition, qui doit être réglé avant le 15 décembre de chaque année, déduction faite de l’éventuel acompte versé le 15 juin.

Cependant, une déclaration 1447-M doit être déposée avant le 2e jour ouvré suivant le 1er mai par les entreprises qui :

demandent à bénéficier d’une exonération (aménagement du territoire, label LIR ou pôle de compétitivité, par exemple),

 

souhaitent signaler un changement de consistance ou de modification de la surface des biens soumis à la CFE,

 

disposent d’éoliennes terrestres, d’installations photovoltaïques ou hydrauliques de 100 kW de puissance installée minimum.

Attention : les entreprises qui ont payé l’année précédente une cotisation annuelle d’un montant supérieur à 3.000 €, et n’ayant pas opté pour un paiement mensualisé, doivent verser un acompte, équivalent à 50 % du montant perçu l’année précédente, avant le 15 juin.

 

Pour les nouvelles entreprises

La CFE étant due par les entreprises qui exercent leur activité au 1er janvier de l’année, les entreprises nouvellement créées n’y sont pas soumises durant l’année de leur création.

Ensuite, lors de la 1e année d’imposition, elles bénéficient d’une réduction de moitié de la base d’imposition.

 

Le créateur ou repreneur d’entreprise doit déposer la déclaration 1447-C-SD avant le 31 décembre de l’année de création ou de reprise, afin que les éléments d’imposition pour l’année suivante soient établis.

Cela concerne :

la création ou la reprise d’un établissement en cours d’année (sauf s’il s’agit d’un transfert total de l’activité professionnelle dans la même commune),

un changement d’exploitant en cours d’année ou au 1er janvier de l’année suivante.

Si la cession de l’entreprise a lieu en cours d’année, c’est le cédant qui est redevable de la CFE pour l’année entière. Il doit déclarer le changement d’exploitant avant le 31 décembre.

Si le changement prend effet au 1er janvier de l’année suivante, c’est le nouvel exploitant qui est imposé sur les bases de l’activité de son prédécesseur et qui doit effectuer la déclaration avant le 31 décembre de l’année de cession.

 

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