Mégaupload, hadopi, et rémunération des ayants droit

Mercredi 8 février 2012, par rédac-rss // internet-high tech-informatique

 Nous avons choisi de retranscrire cet article dans l’intégralité afin de diffuser cette information, importante mais méconnue du grand public sur l’affaire Megaupload.

Cet article est édité dans son intégralité par CitizenKane, qui a réussi à se procurer le discours d’Emmanuel Gadaix au Sénat, dans son intégralité !

 

Bonjour Mme la présidente, mesdames, messieurs, merci de nous avoir invités à cet événement, nous sommes très contents de participer et de pouvoir présenter notre point de vue.

Megaupload est une plateforme d’hébergement sur le cloud, nous sommes une société légale, nous n’avons jamais été poursuivis en justice sous aucune juridiction, nous avons une présence globale sur toute la planète. Nous sommes très populaires en France, et nous présentons une partie significative du trafic sur Internet. Nous sommes venus ici en tant que détracteurs des mesures répressives comme HADOPI, qui, pour nous, livrent une bataille au partage sur l’internet qui nous apparait comme un combat à la fois inefficace, dangereux et contre-productif. En effet, pour nous, le partage c’est l’essence même de l’Internet, l’ADN de l’internet. Donc en luttant contre un type de partage avec les lois HADOPI dites 1 et 2, puis avec une autre, le volet 3 qui fait l’objet de cette discussion, c’est non seulement contre l’innovation technologique que lutte le gouvernement, mais plus encore contre le fait singulièrement établi de l’accès immédiat et privé au contenu sur Internet. Dans un monde où l’innovation est la source du bien-être, nous souhaitons apporter aux législateurs apporter le savoir-faire d’une entreprise qui représente une portion significative les flux des informations sur l’Internet Française et mettre à votre disposition une technologie éprouvée capable de véhiculer, dans les meilleures conditions de sécurité et de confidentialité, une somme illimitée de créations d’œuvres et de spectacles. Il est important à nos yeux que le législateur comprenne, que non seulement les mesures prises dans le cadre d’HADOPI sont liberticides, elles sont également inefficaces. Les modèles qui précèdent le partage sur Internet sont désuets et obsolètes, ils appartiennent au 20ème siècle, pas au 21ème. Plutôt que de refuser le partage sur Internet, nous proposons de le maîtriserez et de réajuster le système de rémunération afin d’en faire mieux profiter les artistes. Sur le plan éthique avant tout, HADOPI pose plusieurs problèmes : le conseil constitutionnel en a rappelé un, les sanctions contre les téléchargements illégaux ne peuvent être mise en place que par une autorité judiciaire, et non administrative.

 

Or, nous, Megaupload, ne sommes ni juges, ni policiers, ni ministres de l’intérieur. Au nom de quoi pourrions-nous violer la vie privée de nos utilisateurs ? C’est le premier de nos constats. Pour autant, nous partageons avec vous la certitude qu’il convient de lutter sans faiblesse contre le piratage, contre la violation des droits d’auteur, et Megaupload n’a pas manqué de s’illustrer en matière de protection des ayants-droits en mettant en place une procédure de takedown. Je me permets d’utiliser le terme anglais. Nous avons une procédure de takedown que nous respectons très strictement, vous pouvez essayer, toutes les mesures de takedown sont gérées en moins de 24 heures sur Megaupload, et ce depuis le lancement de nos opérations. Nous avons plusieurs milliers de requêtes de takedown chaque jour, et nous les traitons toutes très strictement. Par ailleurs, la procédure d’identification des adresses IP utilisées pas HADOPI n’est pas probante, bien au contraire, elle permettrait d’incriminer tout utilisateur de l’Internet tant il est aisé d’en détourner la finalité. Je me permets de préciser au passage, vous en avez entendu parler, que les adresses IP du palais de l’Elysée avaient été identifiées par un système de tracking peer-to-peer la semaine dernière, et que ça ne prouve absolument pas qu’un téléchargement illégal a eu lieu.

 

Pour autant, l’application aveugle d’HADOPI aboutirait à couper l’accès Internet du palais de l’Elysée, ce qui compromettrait la campagne électorale. Comme je le rappelais, pour nous, le partage c’est l’essence d’Internet, ce n’est pas quelque chose contre lequel on peut lutter, et c’est même puéril je dirais d’essayer de lutter contre le partage. Vous pouvez fermer quelques sites, vous pouvez fermer quelques systèmes, il y en aura 10 autres qui vont s’ouvrir le lendemain. C’est un peu comme essayer d’arrêter une rivière avec ses mains, c’est infantile et ça ne marchera jamais. Un utilisateur ne peut pas prouver son innocence par une simple adresse IP, et un système de reconnaissance par adresse IP ne peut pas prouver sa culpabilité. Il n’a pas besoin d’être un expert en informatique pour savoir qu’une adresse IP peut être interceptée, modifiée, utilisée par un tiers, par un groupe, qu’elle peut être délocalisée, etc. La chasse aux téléchargements peer-to-peer, n’a fait, on le sait aujourd’hui, que déplacer le problème. Le téléchargement P2P a diminué sans qu’ait été résolue la question de la rémunération des ayants-droits.

Faire la chasse aux téléchargements directs et aux technologies comme le streaming, de même teneur, les internautes, habitués de l’évolution technologique, se déplaceront vers d’autres initiatives. Les contenus sont disponibles partout, les moteurs de recherche peuvent être accédés par des VPN anonymes, par des newsgroups, par des nouvelles technologies de P2P. La cause engagée par l’état n’est qu’une course contre l’innovation technologique sur Internet et contre la démocratisation que constitue l’Internet. Il nous semble que l’état doit être en amont de l’ordre social souhaité et doit encadrer la mutation sociologique que représentent ces média sécurisés de contenus sur internet. Nous ne ménagerons ni notre peine ni notre temps pour apporter à la haute assemblée notre expérience démontrée par une technologie plébiscitée par un milliard de visiteurs dans le monde, visitée par 15 millions de français chaque mois, et utilisée par deux-tiers des plus grosses entreprises françaises. Alors qu’Internet fait partie aujourd’hui de tout pays développé, 20 millions de foyers connectés en France, les modèles antérieurs à la toile nous paraissent déplacés par les technologies qu’ils utilisent et les supports qu’ils privilégient. Mettre des entraves aux systèmes de partage sur Internet empêchera en fait très peu le partage sur Internet. Les lois qui poursuivent les partages de fichiers sur Internet ont pour première conséquence de diviser le peuple, entre les jeunes utilisateurs, qui ont compris l’avantage du partage pour la culture, et des consommateurs plus âgés qui n’auraient plus accès à cette culture. De la même façon, s’attaquer aux sites de partage de fichiers, s’est s’attaquer à des milliers d’entreprises françaises qui utilisent ces sites, qui utilisent le partage de fichiers. Leur mettre des bâtons dans les roues ne les empêchera pas de trouver d’autres moyens car le partage rapide des fichiers fait partie de leur fond de commerce. En revanche, ce ralentissement pourrait nuire à la productivité française, et la compétitivité des entreprises françaises dans le monde. Pour nous, le droit étant le reflet de l’ordre social souhaité à un moment donné, Megaupload se demande si la loi sur les copyright, sur le code de la propriété intellectuelle, reste réellement adaptée au développement des nouvelles technologies, et se tient à la disposition du parlement pour établir un rapport circonstancié des typologies et comportements sociaux du spectateur sur Internet. Nous avons des données très détaillées sur le comportement des français et ce qu’ils font de leur connexion, de leur échange de fichiers, etc. A l’inverse, les sites de partage de fichiers, dont Megaupload que nous représentons, mettent à la disposition des entreprises et des citoyens une technologie très moderne, très sécurisée. C’est la liberté d’entreprise et de concurrence qui nous oblige à nous améliorer chaque jour, à faire progresser notre technologie, à innover, et pour que les ayants-droit y trouvent un intérêt, à protéger du mieux possible leurs comptes, leurs fichiers, leur rémunération. Pour la rémunération des auteurs, Megaupload est impliqué dans un certain nombre d’initiatives, nous n’avons pas trouvé la solution finale au problème, mais nous recherchons, nous mettons en place des initiatives pour essayer de rémunérer les artistes directement, on peut parler de notre initiative Megabox qui est en plein lancement, qui est plébiscitée par un grand nombre d’artistes aux USA en en Europe, et qui va permettre une rémunération de ces artistes à 90% des ventes effectuées sur ce site. Nous essayons de reverser la majorité des ventes engendrées par ce nouveau service, afin qu’il rémunère directement tous les artistes. Nous allons aussi lancer un nouveau système qui s’appelle Megakey, qui est une sorte d’expérience pour voir si l’on pourrait monétiser le trafic de publicité qui passent sur les sites de téléchargement gratuit, et utiliser ces revenus publicitaires pour rémunérer les artistes. Encore une fois nous essayons de trouver des solutions qui soient adaptées aux technologies modernes, nous ne voulons pas revenir en arrière, nous ne voulons pas interdire le partage. On me demande souvent « mais quelle serait la solution pour éradiquer les contenus illégaux sur Internet ? », et dis « c’est très facile, il suffit d’interdire les médiums de stockage comme les disques durs, les ordinateurs et les écrans haute résolutions. Une fois que vous avez interdit tout ça, vous n’aurez plus aucun problème de partage de fichier sur Internet. » Nous travaillons également avec des sociétés françaises pour la mise à disposition de contenus légaux, je pense par exemple à Wakanim, qui est une société qui a une licence de distribution exclusive de mangas vers la France, et qui travaille avec nous pour mettre en place de manière tout à fait légale tous leurs contenus sur notre plateforme d’hébergement.

 

De la même manière, nous travaillons avec une autre société française très innovante (Ubic Media) qui a développé une technologie qui permet aux ayants-droits de contrôler leurs contenus, quel que soit l’endroit où ils se trouvent. Nous allons faire un essai avec eux pour la distribution d’œuvres et les mettre en place de manière totalement légale avec le contrôle complet des ayants-droit afin qu’ils puissent utiliser notre plateforme en tant que site d’hébergement et ainsi profiter de nos centaines de millions d’utilisateurs et de toute la présence globale que nous avons. Nous travaillons également sur un projet avec une université française pour mettre à disposition en ligne sur la plateforme Megaupload, de tout le contenu numérique des enseignements de cette université, avec une vue de généraliser avec toutes les autres universités en France. Tout ça pour vous dire que Megaupload travaille pour essayer de trouver des solutions innovantes qui concilient les nouvelles technologies, et nous mettons toujours en avant l’utilisateur final, car souvent les solutions dites légales qui ont essayé d’être implémentées favorisent les ayants-droit et le législateur. Mais il ne faut pas oublier que c’est l’utilisateur à la fin qui va utiliser cette solution et c’est lui qui va donner le verdict qui va choisir de l’utiliser ou pas. Si vous mettez en avant l’utilisateur final et ce qu’il veut, la simplicité, la disponibilité, un prix raisonnable, la facilité de pouvoir jouir de son contenu sur ses périphériques, c’est ça dont les utilisateurs ont besoin et c’est ça que nous Megaupload, mettons en avant tout en faisant des recherches pour rénumérer les créateurs. Merci.

source http://citizenkane.fr/

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