Ce que mangent les femmes

13/03/2013 à 00h05, Auteur : rédac-rss // Beauté-santé

 C’est au cœur de la Beauce, dans le petit village de Poinville (Eure-et-Loir), que Virginie, 26 ans, s’est lancée dans une culture maraichère respectueuse de l’environnement. Installée depuis décembre 2011, elle a décidé de vendre ses légumes issus de l’agriculture biologique directement aux consommateurs.

 

Après des études de biologie, Virginie Carreau travaillait dans un laboratoire de recherche lorsque l’idée a germé : et si elle changeait de quotidien en se lançant dans l’agriculture ? Mais attention, pas n’importe laquelle ! Au beau milieu d’exploitations céréalières dites conventionnelles, la jeune Eurélienne a repris une partie de l’exploitation familiale, tout en la mettant au goût du jour. Sur 4,5 hectares, ni céréales, ni produits chimiques : seuls trônent des légumes issus de l’agriculture biologique et de la luzerne pour enrichir naturellement les sols.

 

Le bio, ça fonctionne !

Mais pour en arriver là, Virginie et Franck, son compagnon, mécanicien de profession qui l’a suivie dans cette aventure, ont dû s’en donner les moyens. Ils ont repris des études afin d’obtenir un Brevet Professionnel Responsable d’Exploitation Agricole (BPREA), formation qui prépare à l’installation en agriculture. Puis ils ont effectué des stages en maraichage biologique afin d’en apprendre les techniques. C’est à cette occasion qu’ils ont réellement compris que leur projet pourrait voir le jour : «  on a vu que ça fonctionnait sans problème, qu’on pouvait le faire. Mon père me disait qu’il n’y avait pas de rendement avec le bio, mais en fait si ! » explique t-elle.

 

Avec la vente directe, tout le monde est gagnant

 

Au total, ce sont près de 40 variétés différentes de légumes qui y sont cultivées tout au long de l’année : poireaux, carottes, pommes de terre, navets, céleris, courges, betteraves, panais, rutabagas et topinambours en hiver ; poivrons, tomates, aubergines, concombres, courgettes, salades ou encore haricots en période estivale. Et comme 30% des femmes agricultrices [1], elle a fait le choix de vendre sa production en circuit court : deux fois par semaine sur les marchés, mais aussi directement à la ferme.

 

« Les délices du potager », son magasin inauguré en juin 2012, ouvre ses portes quatre jours par semaine. Virginie a su se constituer une clientèle fidèle venue des environs, largement séduite par le concept de vente directe. Cela lui a aussi permis de communiquer sur son métier et de valoriser ses savoir-faire auprès de la population. Convaincus par le projet, d’autres producteurs locaux ont souhaité être de la partie en commercialisant dans ce point de vente leurs propres produits. Ainsi, on peut trouver, en plus des légumes de Virginie, des lentilles et des œufs.

 

Virginie Carreau a ainsi fait le choix de produire autrement, à travers une agriculture plus respectueuse de l’environnement, en phase avec les attentes des consommateurs, et créatrice d’emploi. Épanouie dans son activité, elle souhaite à présent pérenniser la vente directe tout en diversifiant les variétés de ses légumes. Et comme 77% des agricultrices, elle l’assure : le fait d’être une femme dans cette profession n’a pas constitué un obstacle. Bien au contraire, puisqu’elle est régulièrement félicitée par ses voisins céréaliers qui approuvent sa démarche et sa ténacité.

 

Infos pratiques : 

Les délices du potager- 15 Grande rue- 28310 POINVILLE 

Ouvert mercredi et vendredi de 16h45 à 19h, samedi de 10h à 12h et dimanche de 16h à 18h

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