Etrange, cet article ne stipule pas la suppression du tarif « économique international ».
Et pourtant, effet de la libéralisation et recherche de profits obligent, après avoir supprimé le « Coliéco » (envoi économique pour la France) en 2006, La Poste a supprimé au le 1er juillet 2011 les options « lettre internationale économique » et « petit paquet international économique » de son tarif. Cela signifie que dorénavant il faudra obligatoirement affranchir les envois vers l’international au tarif « prioritaire », qui coûte de l’ordre de 40% plus cher que l’ancien tarif « économique » ! Belle arnaque de La Poste, réalisée ni vu, ni connu au nez et à la barbe de l’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes (ARCEP) !
La Poste argue que cette « simplification » du tarif – belle formule pour déguiser une réelle augmentation et donc entuber le consommateur – s’est bien faite avec l’aval de l’ARCEP. Mais si cette autorité à effectivement donné son aval, c’est que La Poste lui a fourni des données erronés. En clair, les dés étaient pipés !
En effet, La Poste a indiqué que les envois « international économique » ne représentaient que de l’ordre de 1% du volume global, en vertu de quoi cette autorité a jugé que la suppression de ces options n’aura, je cite : « qu’un impact limité auprès des consommateurs du fait de la faiblesse des volumes ».
Mais ce que La Poste a sciemment oublié de dire, c’est que les options « économiques » du tarif international n’étaient jamais proposées aux clients. Pour preuve, j’expédie fréquemment des envois vers l’étranger et j’ai pu constater à maintes reprises et dans différents bureaux de poste, que d’une part, lorsqu’une personne se présente au guichet avec un petit colis à destination de l’étranger, le préposé lui propose systématiquement la formule « Colissimo international », et ce bien que le colis pèse moins de 2 Kg. Si le client demande s’il n’y a pas une option moins onéreuse, l’employé lui suggère alors la formule « prioritaire » omettant bien évidemment de mentionner qu’il existe une formule encore moins chère, à savoir l’option « économique ». Le client tout heureux de payer moins que le premier prix annoncé, opte donc pour la formule « prioritaire » sans se douter une seule seconde qu’il vient d’être berné.
Par ailleurs, il n’existe aucun timbre dédié aux affranchissements « international économique » alors qu’ils sont disponibles pour le tarif « international prioritaire » (0,75 €, 0,87 €, 1,35 €, etc...)
Dans ces conditions, pas étonnant que la formule « international économique » ne représente qu’une infime minorité des envois, vu que seuls les initiés la connaissaient et l’utilisaient.
Enfin, rien de surprenant à cette pratique, puisque les employés de La Poste bénéficient d’un intéressement au chiffre d’affaire et ont donc tout int érêt à proposer les tarifs les plus chers. Nous sommes bien loin de la démarche de la SNCF, qui est également un service public, mais dont le personnel au guichet s’évertue inlassablement à proposer le tarif le plus avantageux.
Pour terminer l’ARCEP recommande, dans son avis n° 2011-0418, je cite toujours : « en supprimant la possibilité de recours à une offre économique, La Poste s’oblige à une modération tarifaire sur la gamme « prioritaire », qui est la seule offre restante pour les particuliers ». On aurait donc pu s’attendre à un nouveau tarif prioritaire se situant à mi-chemin entre l’ex-offre économique et le dit tarif. Or, il n’en est rien, La Poste s’est non seulement contentée de maintenir l’ancien tarif, mais a même augmenté la tranche 20 g, passant donc simplement outre les recommandations de l’ARCEP.
Cette suppression des options « international économique » s’avère donc tout bénéfice pour La Poste sur le dos des consommateurs tout en déjouant la surveillance de l’ARCEP. Finement joué !